Un jour, un des Saints #2

Aujourd’hui, nous fêtons les Albert. Certes, le prénom n’est plus très usité de nos jours, les Albert français ayant honorablement 72 ans en moyenne. Alors, me direz-vous, pourquoi diable vous embêterais-je avec un prénom dit « démodé » dans un site hype et jeune ?

Est-ce que j’idolâtre la Principauté de Monaco et son Rocher ? Suis-je nostalgique de la finale de Roland Garros où Albert Costa a atomisé Juan-Carlos Ferrero (6-1, 6-0, 4-6, 6-3 en 2 heures et demie, douche comprise) en 2002 ?

A vrai dire, si le prénom fait daté, son saint patron a insufflé un grand vent de jeunesse au sein de L’Église de son époque. Selon le site prenom.com votre Oncle Albert est « une personne dotée d’une grande intelligence et qui ne fait jamais de choses irréfléchies. ». Alors je ne sais pas si cela se vérifie avec votre Oncle, mais avec son saint, oui ! Voici son histoire.

AlbertusMagnus
« Restez dans votre jalousie, je reste dans ma théologie » ©Creative Commons

Albert, ou Albrecht en V.O., ou encore Albertus Magnus pour les snobs, est né à Lauingen, en Souabe, riante cité bavaroise douillettement tapie sur les bords du beau Danube bleu, entre 1193 et 1206, et mourut à Cologne le 15 novembre 1280. On ne sait que peu de chose de sa prime jeunesse, et j’ai donc rien de bien croustillant à vous mettre sous la dent à ce niveau là, désolée !

Son vrai parcours commence en 1223, à Padoue. Après des études de lettres et de médecine, il devient frère prêcheur, c’est à dire dominicain. C’est à partir de ce moment là qu’il va casser la baraque ! Il quitte l’Italie pour revenir en territoire germanique : il commence à enseigner en haut de Cologne dès 1228, puis Hildesheim, près de Hanovre, Fribourg en Brisgau, puis Strasbourg, avant de poser ses valises à Paris en 1241, au Couvent des Jacobins. Ses premiers travaux concernèrent Pseudo-Denys l’Aréopagite.

Pour vous éviter une lecture fastidieuse et un surconsommation d’aspirine. Pseudo-Denys est le père de la théologie mystique. Il se faisait passer pour un disciple de Saint-Paul et prétendait avoir assisté aux Ténèbres suivant la mort du Christ, ce qui avait tout de même un peu plus de gueule que d’affirmer avoir vu une simple éclipse…

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©Creative Commons

Mais revenons-en à notre Albert maintenant. Chez les Jacobins, il est reçu maitre en théologie en 1245, puis maître-régent jusqu’en 1248, époque à laquelle il retourne à Cologne, où il fonda l’Ecole Supérieure de Théologie. Durant cette période parisienne, Albert découvre la pensée d’Aristote, remis au goût du jour par les arabes de Cordoue. Cela sera le fondement de son œuvre théologique et philosophique colossale. A tel point que les mauvaises langues, les « rageux », diront qu’il s’est toute sa vie contenté de paraphraser le savant Grec.

Du point de vue professionnel, Albert prend des galons après son retour à Cologne : il devient provincial (c’est à dire qu’il dirigeait tout un chapelet d’abbayes), évêque de Ratisbonne, membre de la Curie, prédicateur des Croisades pour tous les peuples germanophones… Il inaugura également l’abbaye Saint-Vit de Mönchengladbach (pour ceux qui s’en sont arrêté à Albert Costa, tout d’abord merci d’avoir tout de même poursuivi votre lecture jusqu’ici, et pour vous récompenser, Mönchengladbach a gagné 1/0 contre Cologne lors de leur dernière rencontre en Bundesliga).

Ses hautes fonctions n’empêchèrent toutefois pas de diversifier sa production intellectuelle. Il s’intéresse aux arc-en-ciel, à l’alchimie, aux sciences naturelles… Il entreprit  une gigantesque encyclopédie dans laquelle il tente de répertorier toutes les espèces animales présentes en Europe… Buffon n’a qu’à bien se tenir !

Une preuve de plus de son génie intellectuel ? Il fut le maître et l’inspirateur de saint Thomas d’Aquin, rien que cela ! Il était, de son vivant, considéré comme un « Grand », et fut reconnu « docteur universel » de l’Église, quand son disciple, saint Thomas d’Aquin fut « docteur angélique ». Il est canonisé par Pie XI en 1931 et est adoubé saint patron des savants 10 ans plus tard.

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Pour le coup, c’est surtout si vous avez des mondanités avec des Bretons. Outre la saint Albert-le-Grand, c’est la saint Malo. Malo était une espèce de Brigitte Bardot avant l’heure : il était amoureux des animaux à tel point qu’il préférait porter le chargement de son âne.

A demain pour de nouvelles aventures !

 

 

 

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