Un jour, un des Saints #3

A la base, je voulais vous parler de sainte Gertrude, qui porte un prénom si original. Et puis une très bonne amie me tanne depuis des jours et des jours (enfin techniquement, depuis avant-hier, mais c’eût pu être depuis plus longtemps, si j’avais lancé cette chronique avant, je vous jure, elle est tenace !) pour parler de sa sainte patronne. De ce fait, désolée Gertrude, désolée Otmar, on vous squizze pour ce coup-ci ! (Vous aurez la pareille, rassurez-vous).

Mais trêve de digressions inutiles, et partons tout de suite pour l’Angleterre. Je sais, navrée, ça fait un peu la semaine des saints « anglo-saxons », mais, comme la météo, cela devrait changer en fin de semaine. Voyageons donc en Albion, qui n’était pas encore perfide, mais dans le pétrin, et allons à la rencontre de Marguerite. Pour les Marguerite-Marie, désolée également, on ne fait pas de d’omelette sans casser des œufs, et il ne s’agit pas ici de sainte Marguerite Alacoque, mais de l’autre, enfin, d’une autre.

Nous sommes au XIème siècle après Jésus-Christ. Le Monde est sous tension, les obus sifflent, les vikings mugissent dans nos campagnes et viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Bref, comme aurait dit le général de Gaulle, « c’est la chienlit ». XIème siècle, les bateaux vikings sont aux portes, voire aux ports de l’Angleterre. Rodger Gicqwell, le cousin british de Roger Gicquel l’a dit « Bonsoir, l’Angleterre a peur »…

1016, Edmond II, roi d’Angleterre meurt. Et là, c’est le drame. Vladadam. Le trône laissé vacant, Knut le Grand, prince danois et fils de Sven à la Barbe Fourchue, dit alors aux princes d’Angleterre, « ôte-toi de là que je m’y mette ». Knut, ce n’est pas un rigolo, tout le monde l’aura compris.

Edouard d’Outremer (ou l’exilé, c’est comme vous voudrez), fils d’Edmond II âgé alors de quelques mois, part à travers l’Europe pour finir en Hongrie. Sa fuite est encore plus rocambolesque que celle de Varennes, jugez plutôt. A la base, Knut l’exila au Danemark, où il devait, une fois ses valises posées, être assassiné. Mais quelques partisans de la maison de Wessex, braves parmi les braves, fidèles parmi les fidèles, flairèrent le mauvais coup, et l’amenèrent finalement à Kiev, sans doute encore plus froid qu’en terre danoise, mais plus tranquille toutefois. De Kiev, où il se maria avec une certaine Agathe, il partit ensuite pour la Hongrie voisine. C’est là bas que naquit leur fille Marguerite, vers 1045, celle qui nous intéresse aujourd’hui.

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Malcolm, Roi d’Ecosse et beau gosse son état, mari de sainte Marguerite ©DR

Par jeux d’alliance, la couronne d’Angleterre revient à Edouard le Confesseur, de maison de Wessex, qui rappelle Edouard l’exilé en Angleterre, son neuveu, pour lui succéder. Manque de chance, deux jours après son retour sur le sol anglais en 1056, avec femme et enfants, le père de Marguerite décède. Autre manque de chance, 10 ans plus tard, ce ne sont plus les Danois, mais les Normands qui lorgnent sur la couronne britannique. Marguerite et sa famille doivent fuir à nouveau, et se réfugient cette fois dans le voisinage, en Ecosse. Là bas, elle épouse vers 1070 Malcolm III, le roi d’Ecosse, alors veuf, et eut six filles et deux fils. C’était une famille parfaite, très unie, tenant contre vents et marées (surtout les tentatives d’invasion) Malcolm allant jusqu’à associer Marguerite à la conduite des affaires du Royaume

Très pieuse, elle voulut mettre au pas l’Ecosse et faire un aggiornamento entre les traditions écossaises aux rites du reste de la chrétienté et à la liturgie romaine. Sa vie chrétienne est surtout connue à travers une hagiographie commandée par sa fille à Turgot, chapelain de la reine d’Ecosse, qui lui attribue plusieurs miracles aussi prestigieux qu’invérifiables.

Faisons une belle petite ellipse, et allons à présent en 1093, après tout, nous avons commencé ce récit dans le sang, et l’histoire commençait malheureusement à devenir trop mièvre pour être vraie… 1093 donc, le 13 novembre. La fête des voisins étant encore inconnue en Grande Bretagne, Malcolm avait décidé d’envahir l’Angleterre. Le roi d’alors, Guillaume le Roux, ne l’entend pas de cette oreille, idem pour le comte de Northumbrie, qui attaquèrent les Ecossais dans la ville d’Alnwick au Nord de l’Angleterre. Résultat des courses, outre une sévère défaite de l’Ecosse pire que pour le dernier Euro de foot féminin, Malcolm et son fils Edouard furent tués, l’Ecosse se retrouva sans roi…

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sainte Marguerite au château d’Edimbourg ©Creative Commons

Marguerite, pleine de chagrin, mourut trois jours plus tard au château d’Edimbourg, alors que l’Ecosse connut une guerre civile jusqu’en 1097.

Marguerite, femme pieuse, femme aimante, sera canonisée dès 1250. Elle sera ensuite nommée en 1673 sainte patronne de l’Écosse par Clément X.

Voilà Marguerite, j’espère que tu es contente. On a parlé aujourd’hui pratiquement que de sang, alors qu’on aurait évoqué la poésie et la musique avec sainte Gertrude…

 

 

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Malcolm, ou Mael Colium pour les puristes, a péri à Poudlard. Oui, parfaitement, Poudlard. Le chateau d’Alnwick a servi de décor aux films Harry Potter pour les tournages dans Poudlard.

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château d’Alnwick ©Flickr

 

A demain pour de nouvelles aventures !

 

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