Un jour, un des Saints #4

Aujourd’hui, dans notre saga qui vire scandaleusement à Point de Vue, il est encore question de Gotha, de têtes couronnées, et pas seulement d’une auréole, parce qu’ils le valent bien. C’est une plongée à la Cour de Hongrie que je vous propose aujourd’hui de découvrir. « Suivez-moi ! » Comme le dit Stéphane Bern en ouvrant, comme à son habitude, des portes réputées fermées.

Élisabeth (ah oui, au fait, c’est elle qui est à l’honneur), ou Erzsébet en version locale, est née en 1207 à Bratislava (ou Presbourg, si vous êtes nostalgique), d’une excellente famille. Son père, le roi André II, est de la dynastie des Arpad, la première dynastie régnante en Hongrie. Sa mère, Gertrude (je vous avais dit hier que je ne vous oublierai pas, chères Gertrude), était d’origine allemande, de la dynastie des Andechs.

Elle fut fiancée à 4 ans -on ne tournait pas autours du pot à l’époque- à Louis IV de Thuringe, affichant fièrement 11 ans au compteur, et était, selon le Bottin Mondain, landgrave de Thuringe et comte palatin de Saxe. Lizzie fit donc ses bagages pour s’installer dans le coquet château de la Wartbourg, construit, pour la petite anecdote, par Louis II le sauteur (quel joli nom !). Les tourtereaux de la Wartbourg se marièrent finalement en 1221, 10 ans après les fiançailles.

Wartburg Castle Eisenach Luther Thuringia Germany
La Wartbourg, petite studette et vrai nid d’amour de sainte Elisabeth et de Louis ©Creative Commons

Et là, c’est le plus parfait, le plus mignon des couples qui se révèle au monde #TendresseetChocolat #TropdeLove #Kikou. Très pieux tous les deux, Louis avait pris l’habitude de prendre les mains de sa dulcinée au creux des siennes pour prier. Bref, tout n’était qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté.

En parlant de luxe, Elisabeth allait bientôt se serrer la ceinture, ce qui la conduira sur le chemin de la sainteté. Sans toutefois avoir menée une vie de débauche, elle fut touchée par le style franciscain. Bien qu’ayant 3 enfants, elle consacra le plus clair de son temps au service des pauvres, et voua un tel amour pour son cher et tendre qu’elle fondit en larme lorsqu’on lui rapporta ses ossements depuis la Terre Promise, où Louis était allé se faire tuer en Croisade en 1227.

angry evil eye GIFVoilà pour le côté mielleux, passons maintenant à la partie Cendrillon de la vie de Babou. Sa belle-mère, fille du duc de Bavière, n’était pas vraiment tendre avec sa bru. Leur relation n’était pas très feng-shui. Prenez votre belle-mère dans toute sa splendeur, et cela ne fera même pas le quart de la moitié de ce qu’était Sophie de Thuringe.  A la mort de son fils Louis IV, elle chassa en mode #Thug Elisabeth et ses 3 enfants (Gertrude, la petite dernière, n’avait que quelques jours), et mis sur le trône le frère cadet de Louis.

Elisabeth passa donc du stade de princesse à celui d’errante, battant la campagne avec Gertrude dans les bras, et ses deux autres rejetons accrochés à son jupon. Cette triste équipée se réfugia d’abord dans une porcherie à l’abandon, presque entre le bœuf et l’âne gris… Son oncle, l’évêque de Bamberg (Babemberg) la recueilli ensuite chez lui, et voulu faire sa tante marieuse. No way, lui répondit la veuve éplorée, « je me couperai plutôt le nez, pour les éloigner tous ! ». Voilà qui était dit.

Les trois enfants étant à la charge de sa famille, Lizzie eut désormais le champ libre pour se consacrer aux nécessiteux. Elle fonda dans la petite ville de Marbourg, au fin fond du duché de Bamberg, un hôpital célèbre. Elle passait son temps à penser au Christ et panser des lépreux. Et parce que cela ne suffisait pas, elle nomma à la direction de l’hôpital maître Conrad, triste sire, qui l’humiliait et la battait en public (il faut dire que la courtoisie et la galanterie étaient alors des notions toutes personnelles). Elle en était contente, car cela lui permettait de mieux appréhender ce qu’a vécu le Christ.

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Marbourg dans toute sa mélancolie hivernale ©Creative Commons

Malgré les torgnoles qui volaient en escadrille, sainte Elisabeth était heureuse, plus encore, souriante. Ainsi disait-elle « Je ne veux pas faire peur à Dieu avec une mine sinistre ». Eh beh !

Morte le 17 novembre 1231, à seulement 24 ans, elle sera canonisée seulement 4 ans plus tard, une sainteté version TGV ! C’est aujourd’hui la patronne du Tiers-Ordre franciscain, ainsi que des femmes et jeunes filles d’Allemagne, alors que son époux, Louis IV, sera reconnu bienheureux et fêté quant à lui le 11 septembre. La sainteté, une histoire de famille…

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Guili Guili ! ©Creative Commons

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : sainte Elisabeth et la Wartbourg eurent un hommage original et discret en 1845. Ce cher Richard Wagner, compositeur de génie (si si !), fit de sainte Elisabeth un personnage central de son opéra Tannhaüser, dont une grande partie de l’histoire se déroule à la Wartbourg. Alors on file écouter cet opéra (version Karajan au festival de Bayreuth, c’est la meilleure, je vous le jure, s’il vous plait merci !). Bon je file, je ne peux plus travailler maintenant que j’ai écouté Tannhaüser !

 

A demain pour de nouvelles aventures, même si c’est samedi, pas de repos pour les braves !

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