Un jour, un des Saints #5

Alors, aujourd’hui, on a le choix ! Si l’on veut continuer dans le girly et faire dans le parisien, nous avons sainte Aude (ou Odette), sinon nous avons saint Odon, pour les lettres et la musique. Je m’orientais d’abord vers le premier cas, solidarité féminine oblige, quand Pierre, notre stagiaire se disant « comtois rends-toi, nenni ma foi » me tanna comme pas possible pour parler de saint Odon. Tout ça parce qu’il a fait un passage express, mais remarqué, à l’abbaye de Baume-les-Messieurs dans le Jura. Or c’est, pour notre Pierre national, le plus beau coin de Franche-Comté, et donc de France, enfin après Labergement-Sainte-Marie, dans le Doubs. Etant solidaire avec les stagiaires, j’accède donc à sa requête (surtout, cela me permettra d’avoir la paix !), et vais vous narrer l’histoire de saint Odon.

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Baumes-Les-Messieurs et sa reculée ©Creative Commons

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Le fier, beau et riant village de Labergement-Sainte-Marie ©Creative Commons

Voilà Pierre, lâche-moi maintenant s’il te plait, avec ta Franche-Comté, fais dodo, et laisse-moi parler d’Odon, Doudou, dis-donc !

Odon est Tourangeaux, né à la fin du IXème siècle. Tout foutait le camp à l’époque, on changeait de pape comme de chemise (1 tous les 3 ans quand même), les monastères partaient à vau-l’eau, bref, mauvaise période pour entamer une carrière ecclésiastique intense… Pourtant, c’est ce que fera Odon.

Il faut dire que le pauvre vieux avait débuté sa vie sur les chapeaux de roue. Sa mère meurt à sa naissance, direct, ça pose les bases ! En plus, elle était vieille et réputée stérile, c’est une naissance somme toute miraculeuse dont j’ai l’honneur, chère lectrice, cher lecteur, de faire écho aujourd’hui.

Son père, personnage puissant, est souvent absorbé par de savantes lectures,  parmi lesquels les Novelles de Justinien. Vous ne les avez jamais lu, ni en aviez entendu parler ? Moi aussi, c’est donc vous dire s’il était savant !

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« Quoi, tu veux mon manteau ? » – St Martin par Van Dyck ©Creative Commons

Odon passa donc sa prime jeunesse à s’instruire aux cours du comte d’Anjou puis du duc d’Aquitaine avant de devenir chanoine prébendé (donc clerc payé directement par l’église) du tombeau de saint Martin à Tours en 899. Il faut dire que dès le berceau, le petit Odon avait été consacré selon la volonté de son père à saint Martin. C’est dire si cette prébende rendit le papa heureux !

Cependant, en bon provincial en quête d’aventure, il partit pour Paris, et y étudia les lettres et la musique. Odon, c’était un peu l’artiste de la famille.

 

Attention au décollage !

En 909, il voulait faire plus qu’être chanoine, il devint donc moine à l’abbaye Saint-Pierre de Baume-Les-Messieurs. -Non Pierre, vraiment, c’est pas le moment, je travaille, arrête avec ta Franche-Comté !

Vite, chère lectrice, cher lecteur, avançons nos montre d’un an et traversons la Saône, Pierre nous laissera peut-être ainsi tranquille. De toute façon, on entre, en 910, au cœur du sujet, au plus profond de la sainteté de saint Odon. 910 donc, Odon s’installe à Cluny, chez les bénédictins, auprès de saint Bernon. Il fut profondément marqué par les règles de saint Benoît et les remit au goût du jour tout au long de sa vie, avec une main de fer. A la mort de saint Bernon, Odon récupéra le poste prestigieux d’abbé de Cluny. On peut alors s’attendre à ce que ça file doux à Cluny, que la récré était fini et que le siècle de débauche que connaissait l’Eglise à ce moment était révolu. Eh bien pas du tout, figurez-vous. Si Odon était bourré de principes moraux et voulait que l’on respectât à la lettre les préceptes de saint Benoit, il restait, aux dires des moines de Cluny, un joyeux déconneur, qui pouvait les faire « rire aux larmes ». Odon se fit également une spécialité dans l’art, écrivant poèmes sur poèmes, et chantant énormément.

Alors qu’il était à Rome pour la quatrième fois, il se sentit faiblir, le trépas pointa le bout de son minois. Mais Odon ne l’entendait pas de cette oreille, et dans un sublime élan, dit à la grande faucheuse : « pas de ça ici ! ». S’il devait mourir, ce ne pouvait être qu’à un seul endroit, à Tours, auprès de son cher saint Martin. Il quitta tout à Rome, et fit demi-tour pour Tours. En chemin, fidèle à ses habitudes, il fit de nombreuses haltes pour enseigner le chant, et à l’issue de ses cours, féliciter les meilleurs éléments.

18 novembre 942, Tours est en vue, le tombeau de saint Martin, la « perle des prêtres » n’est pas loin. Or donc, Odon put mourir content.

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Amis zicos, cette précision est faite pour vous ! Si les notes sont nommées C (do), D (ré), E (mi), F (fa), B (sol), A (la), G (si) dans les contrées anglo-saxonnes, c’est grâce à… saint Odon, qui avait inventé cette classification

 

A demain pour de nouvelles aventures ! Et n’oubliez pas de jeter un coup d’œil à mes livres !

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