Un jour, un des Saints #6

Un petit tour en Bretagne en ce 33ème dimanche du temps ordinaire, comme dirait mon curé. En effet, deux choix s’offrait à nous, saint Patrocle, qui ressemble tout de même un peu au Tanguy d’Etienne Chatiliez (sa mère le poussa à se marier à 40 ans passés) et Tanguy tout court. Comme nous sommes dimanche et qu’il vaut parfois mieux faire court, c’est saint Tanguy, et donc la Bretagne, qui est à l’honneur aujourd’hui.

Tanguy, ou Gurguy, mais ça sonne un peu moins bien, est né au VIème siècle, du moins, c’est ce que raconte la légende. D’ailleurs, tout cet article est basé sur la légende, même Sherlock Holmes s’est cassé les dents sur le cas saint Tanguy, car rien de concret ne subsiste aujourd’hui. Le temps passe, comme la caravane, mais la légende reste.

Tanguy et sa sœur sainte Haude ont, tout comme sainte Elisabeth, eu leur quart d’heure Cendrillon. Leur mère étant morte jeune, leur père se remaria avec un sinistre mégère, qui les dégouta tous deux pendant huit longues années. Si Haude décida de rester auprès de son père, et donc de sa belle mère, Tanguy singeant François Hollande et Valérie Trierweiler, « mit fin à leur relation », et quitta le nid familial pour se rendre à la cour de Childebert. Il y resta longtemps, très longtemps, 12 ans. Tellement longtemps qu’au pays, on le croyait mort. Haude devint donc un excellent parti, étant seule héritière. Néanmoins, sa marâtre étant ce qu’elle était, fit tout pour enfoncer sa belle fille, claironnant dans tout le voisinage que Haude était une fille disons… peu recommandable. Elle alla même jusqu’à l’exiler dans une ferme voisine.

La minute quiproquo

A son retour, Tanguy avait bien grandi, c’était devenu un homme, avec du poil aux pattes, et était pour sa famille méconnaissable. A tel point que sa belle mère ne le reconnaissant pas, prit Tanguy pour un des nombreux soupirant, et lui dit « laisse bé-ton, Haude, c’est pas une fille feng-shui ». 

Tanguy, fou de rage, alla trouver Haude. Or cette dernière, ne le reconnaissant pas non plus (décidément !), prit et peur et la poudre d’escampette. Pour Tanguy, qui aimait à raisonner, c’était alors un parfait aveu : quoi d’autre que la honte pouvait la faire fuir devant son propre frère ? C’en était trop, il avait des fourmis dans son épée, et trancha vite fait bien fait la tête de sa pauvre sœur.

Alors, me direz-vous, et c’est là que cela devient intéressant, comment un type qui décapite sa propre sœur peut être canonisé ? C’est une très bonne question, je vous remercie de me l’avoir posée !

Des voisins vinrent dire à Tanguy que la réputation de Haude n’étaient que billevesées proférées par sa perfide belle-mère. Oui messieurs-dames, qu’on se le dise dans vos chaumières, Haude était pure et vertueuse ! Tanguy, totalement désemparé, alla se confier à son père.

La minute Chuck Norris

Lorsque Tanguy rentra à la maison voir son père pour lui confesser son crime, il ne se doutait pas, de ce qui allait se passer sous ses yeux. Il était là, penaud, en pleurs, disant qu’il était la dernière des ordures. Quand soudain, tout à coup, on vit débarquer, devinez-qui ? Haude, sa tête sous le bras, comme si de rien était, disant « salut la compagnie » ! Elle s’arrêta face à sa belle-mère, ressouda sa tête et prévint la mégère que cela n’allait pas se passer comme cela, que Dieu la punirait. Et là, dans un torrent démentiellement gore, que les pires films d’épouvantes n’auraient pu décrire, on vit la belle-mère recracher ses intestins et se faire foudroyer en un éclair ! Quand ça ne rigole pas, ça ne rigole pas. Puis, n’étant pas rancunière, Haude pardonna à son frère de l’avoir tranchée en deux, et mourut à nouveau un 18 novembre.

Tanguy se repend alors complêtement, jeûna pendant 40 jours, et, sous l’ombre tutélaire de saint Pol de Léon, se fit moine en fondant une abbaye à l’endroit où les reliques de saint Matthieu furent miraculeusement sauvées d’un naufrage à Loc Mazhé (saint Matthieu en breton. Je vous en prie).

Tanguy mourut à son tour le 12 mars 594, le même jour que saint Pol.

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Voici une ballade bretonne composée en l’honneur de Tanguy et Haude, en VO puis en VF :

« A Castel Tremazan, e parrez Landunvez

Galon, eun digentil euz ar c’haëra lignez,

A zeuas da eureugi, evit quenta pried,

Merc’h ar Prins euz a Vrest Florence voa hanvet,

Bugale o dévoé, mez oll n’hon hanvon quet :

Unan eo sant Tanguy, eun ail santez Eodet. »

« Du château Trémazan, en paroisse Landunvez

Galon, un gentilhomme de la plus belle lignée

Vint à se marier, et pour première épouse

A fille du Prince de Brest, Florence était appelée.

Des enfants ils avaient, mais tous ne les connaissons pas

Un était saint Tanguy, une autre sainte Haude. »

 

A demain pour de nouvelles aventures !

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