Un jour, un des Saints #10

10 jours déjà, et que de voyages ! La Grande Bretagne, la Hongrie, Kiev, Rome, la Bretagne… On reste cela dit encore aujourd’hui à Rome, la Rome des premiers temps chrétiens, où les disciples du Christ n’étaient encore que de la viande à barbecue. Clément, notre saint du jour fait toutefois figure d’exception. Alors sans plus attendre, rendons-nous dans la « Ville Éternelle ».

Ah Rome ! Sa dolce vita, ses grandes domus… C’est au milieu de l’effervescence mondaine et tumultueuse de la Rome antique que naquit Clément. Son père, Faustinianus, ou Faustus pour les intimes, était un sénateur de l’Empire. Faustus est gentil, on le dit même converti au christianisme à la fin de sa vie. La famille de Clément serait liée à la dynastie Flavienne, qui a donné trois empereurs : Vespasien (l’inventeur aujourd’hui controversé des sanisettes), et ses fils Titus et Domitien. Ce dernier a tenu a remettre au goût du jour le culte impérial, et était une sorte d’ayatollah de la religion romaine. On dit même qu’il se faisait appelé Dominus et Deus. Et sinon, les chevilles, ça va ?

C’est dans ce contexte qu’évolue notre Clément. Selon plusieurs sources, il se retrouve seul à 12 ans dans la capitale impériale, et s’intéresse à la philosophie. Clément nous fait même une petite crise de foi. Il commence a être touché par l’idée de monothéisme et s’y intéresse de plus en plus. Il est vrai qu’avoir un seul Dieu pour tout et partout, cela présente certains avantages ! Il rencontre ensuite Barnabé, grand facilitateur de rencontres. Il qui introduisit saint Paul auprès des apôtres, puis des chrétiens d’Antioche. Barnabé, c’était un carnet d’adresse encore plus rempli que celui de Stéphane Bern. Et en plus, il en faisait profiter sans payer ! Clément fut conquis par le Christ, et décida de rompre sa petite vie romaine bien rangée pour un périple en Judée. Là bas, il se mit carrément sous la protection de saint Pierre. Lorsqu’on est du gratin, on reste dans le gratin !

 

Les très riches heures de Clément

Après avoir appris beaucoup de son ami Pierre, pendant une période de franche camaraderie pendant laquelle ce duo partit en tournée en Syrie, il rentra à Rome. Un poste d’évêque y était resté vacant, et l’occasion d’être promu était belle pour Clément, qui tutoyais tous les apôtres. Certains disent que Clément succéda à Linus (petit protégé de saint Paul) par l’entremise de saint Pierre, d’autres affirment au contraire qu’il succéda à saint Anaclet, successeur de Linus. Clément serait donc le deuxième ou le quatrième évêque de Rome. La seconde option est néanmoins la plus plausible, car Linus serait mort 10 ans après saint Pierre.

Son pontificat est assez mal connu, seules deux épîtres sont parvenus jusqu’à nous. A chaque fois c’était pour les Corinthiens. Pas très varié, je sais désolée, mais intéressant tout de même. Dans la première épître aux « Coco », Clément impose sa vision aux presbytres, qui jetaient le flou en Corinthe. A l’époque, les presbytres étaient les ancêtres des prêtres (d’où encore aujourd’hui le mot presbytère. Je vous en prie, c’est cadeau !). C’étaient comme leur nom l’indique (« ancien » en grec), des vieux, des vétérans, que la jeunesse corinthienne en marche n’acceptait plus. Il faut dire que l’Église était mal hiérarchisée à l’époque, vous aviez quelques évêques, mais le gros des décisions étaient prises en collégialité, même à Rome. La première lettre de saint Clément aux Corinthien présente historiquement un intérêt majeur : c’est le premier texte qui place l’évêque de Rome au dessus de la mêlée. La deuxième épître, si elle a le mérite d’exister, ne serait pas en réalité de Clément lui-même. C’est le bien-nommé théologien protestant allemand, Adolf von Harnack qui mis au jour le pot-aux-roses.

20.000 lieues sous les mers

L’ascension et la renommée de Clément commençait à faire du bruit, plus encore que la chorale de votre paroisse pour une sainte Cécile. Mais, pour son cousin, l’empereur Domitien, sorte d’Iznogoud divin, c’était lui faire de l’ombre.

Or ce dernier disait « Ok, on accepte les autres religions, mais mollo, il ne faut pas que ça me vole la vedette ».

C’est pourquoi Clément, ainsi qu’une belle fournée de membres chrétiens de sa famille furent arrêtés (sous Domitien ou son successeur Trajan) et exilés dans la région de Cherson en Crimée, au bord de la Mer Noire.

Quoique reclus, Clément put imaginer se la couler douce là-bas. Que nenni, c’est à pic qu’il coula ! En effet, selon la légende, qui, comme toujours, n’est pas vérifiable, on décida de le noyer en 98, une ancre pour pendentif.

Saint Cyrille et son frère saint Méthode, les « apôtres des Slaves », se prirent pour le Commandant Cousteau, et décidèrent de repêcher le corps de Clément, enfoui dans les abysses de la Mer Noire depuis plus de huit siècles, et le ramenèrent à Rome à la basilique Saint-Clément-du-Latran. Cette dernière est selon la légende construite sur la maison même de notre saint du jour. Un retour au bercail en quelque sorte…

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Saint Clément, par le fait d’être évêque de Rome, est réputé être pape, au sens où nous l’entendons aujourd’hui ! Balivernes ! dirait-on dans un accès de colère. Le terme de pape a été utilisé pour la première fois à Rome à la toute fin du IIIème siècle, sous Marcellin. Et encore, ce mot désignait alors les évêques en général. Il faudra encore attendre le XIème siècle et Grégoire VII pour le titre papal soit le copyright de l’évêque de Rome.

 

A demain pour de nouvelles aventures !

 

 

 

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