Un jour, un des Saints #12 – Catherine

Aujourd’hui, ce n’est pas le black saturday, mais nous avons tout de même deux saintes Catherine pour le prix d’un article ! Les deux, sous des expressions différentes, ont toutes vu la Vierge Marie. Il s’agit de sainte Catherine d’Alexandrie, vivant au IVème siècle, et la plus confidentielle sainte Catherine Labouré, au XIXème siècle. Mais, honneur à l’aînesse et allons faire un tour du côté d’Alexandrie.

Orgueil et préjugés

Catherine est belle à faire naufrager les papillons de ma jeunesse. Elle est également extrêmement savante. Néanmoins, elle a une légère tendance à être une précieuse ridicule, voire à péter plus haut que son QI. C’était une princesse dans tous les sens du terme. Elle n’acceptait de se marier uniquement avec un prince aussi beau et cultivé qu’elle. Autant dire, personne. C’était le désert sur son compte Tinder.

Pour remédier à cela et voir quel serait le fruit de sa quête de l’époux parfait, elle alla consulter Ananias,  un ermite. Ananias lui affirma que ce serait la sainte Vierge qui lui amènerait en personne son futur époux. On a connu pire comme coursier ! La Vierge apparut donc une nuit, dans la chambre de Catherine, en lui présentant Jésus. Sautant sur l’occasion, Catherine était ravie, épouser le Christ ? Marché Conclu ! Néanmoins, il y avait un hic : Jésus ne voulait pas. Macache. Hors de question. Catherine était trop laide, retour à l’envoyeur.

Trop laide, Catherine ? Cela ne se peut pas, elle qui est Miss Alexandrie, voire Miss Univers. Elle, laide ? Catherine en était abasourdie. Elle se précipita chez son désormais ami l’ermite pour chercher réponses et consolations à ses maux. « Ma pauvre amie, lui répond-il. Ton corps est parfait, il n’y a pas de souci, t’es ok, t’es bath, t’es in, mais tu es orgueilleuse, et c’est ton  âme qui est laide. Jésus s’en moque de ton physique. Viens par là que je te baptise et te convertisse ! » Cela ouvrit les yeux à notre Catherine, plus encore que les lumières du phare d’Alexandrie.

 

Ils se marièrent et vécurent heureux

Après sa conversion, la Vierge, accompagnée de son fils Jésus revinrent faire une petite visite nocturne à Catherine dans sa chambre. Cette fois, c’était la bonne, Jésus la trouva enfin belle, ce qui put lui donner des ailes ! La bague au doigt passée, Catherine n’avait plus qu’une obsession, convoler sa noce au Ciel !

#JaiRaison

Peu de temps après ce mariage mystique, l’empereur romain Maxence posa ses valises à Alexandrie pour une petite tournée en Province. A cette époque, Maxence n’était pas tendre avec les chrétiens. Catherine, de par son rang de princesse, put lui parler, et lui dit vertement « Touche pas à mon chrétien », et lui prouva par A+B que ses divinités païennes n’avaient aucun sens. Maxence, bouche bée, se tint coi. Comme quoi, cela sert toujours de lire ! Qu’à cela ne tienne, s’il ne pouvait répondre à l’impertinente, d’autres s’en chargeraient. Il convoqua donc les 50 plus illustres savants de la Province pour clouer le bec de Catherine au sujet de la religion. Peine perdue, ils se convertissèrent jusqu’au dernier après avoir entendu Catherine à la verve vive, ainsi que 200 gardes de Maxence.

Le hic, c’est que Maxence est l’équivalent de Joffrey Baratheon de Game of Thrones dans l’Empire romain. Il ne faut pas trop le chercher, ou le contredire. Toute cette petite troupe en fit l’amère expérience, car les officiers, les philosophes, et même Augusta, la propre épouse de Maxence, furent brûlés séance tenante. Catherine aurait un traitement spécial, tout vient à point à qui sait attendre… Son supplice sera funestement ingénieux. Pour Catherine, on allait pas se contenter de la brûler, de la décapiter ou de la noyer comme d’habitude. On apporta une machine composée de quatre roues crantées qui tournaient chacune dans le sens opposé, ce qui écartèlera notre sainte Catherine. Pendant son exécution, on vit un des savants brulé revenir du Ciel pour ceindre une couronne d’or sur la tête de Catherine. Elle allait enfin pouvoir revoir son mari !

 

Sainte Catherine Labouré, médaillée d’or

 

L’autre Catherine est à l’opposée de son homonyme égyptienne. Elle est extrêmement discrète et réservée. Paysanne dans une époque ou la culture était encore réservée à une certaine élite, donc ce n’était pas gagné pour la petite Catherine Labouré. Mais elle était très assidue à ses cours de cathé, et se prit d’affection pour la Vierge Marie. Après en avoir eu marre de traire les vaches et de nourrir les 800 pigeons de la ferme paternelle, elle mit les voiles pour prendre le voile, et entrer chez les Filles de la Charité, ordre fondé par saint Vincent-de-Paul, où se trouvait déjà sa sœur. Elle y apprit à lire et à écrire.

Mais son père a un autre destin pour elle : il faudrait la marier ! Il l’envoya donc à Paris travailler dans une sordide cantine pour ouvrier, digne de Zola. Frappée par la misère ambiante, Catherine se dit « cette fois-ci, c’est bon, j’ai vraiment trouvé ma vocation, je retourne chez les Filles de la Charité pour aider les pauvres, tant pis Papa ».

Elle prononça ses vœux le 30 janvier 1831 et partit à l’hospice d’Enghien, où l’on s’occupait essentiellement d’ancien domestiques.

Quelques mois plus tôt, alors qu’elle était novice à Paris, dans la maison mère de la rue du Bac, elle fut tirée du lit par un enfant qui lui enjoignit d’aller à la chapelle, car la sainte Vierge l’attendait. Enfilant des vêtements, elle se précipita pour voir ce qui se tramait à la chapelle, et là, ô ! surprise ! La sainte Vierge était là, en chair et en os. Catherine et sainte Marie conversèrent pendant deux bonnes heures, et Catherine fut chargée de répandre au monde la « médaille miraculeuse », vous savez, celle où l’on voit la Vierge entourée d’anneaux avec inscrit « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous« . La médaille eut beaucoup de succès, à tel point que le culte de l’Immaculé conception, jusque là se faisant sous le manteau, fut officiellement admis par le pape Pie IX le 8 décembre 1854.

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La médaille miraculeuse ©Creative Commons

Eh oui, l’Immaculée Conception, c’est un peu elle aussi. Même si personne d’autre que son confesseur n’était au courant. Pour tous, à l’époque, l’apparition de la Vierge qui fut la genèse de cette médaille, ce n’était pas Catherine Labouré, c’était « la fille de la rue du Bac », une anonyme. Et pourtant. La lumière faite sur l’identité de la fille de la rue du Bac, Catherine Labouré sera canonisée en 1947.

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Instant Inception, ou mise en abyme, si sainte Catherine d’Alexandrie conversait avec la Vierge, Jeanne d’Arc eut également quelques siècles plus tard, le loisir d’avoir de fréquentes apparitions de sainte Catherine d’Alexandrie.

Je vous dis à lundi pour de nouvelles aventures, demain, c’est la fête du Christ-Roi, j’imagine sans peine qu’on vous a déjà raconté plus d’une fois son histoire ! 😉

 

 

2 commentaires sur “Un jour, un des Saints #12 – Catherine

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