Un jour, un des Saints #13 – Séverin

On va donner dans le parisianisme aujourd’hui, désolée ! Nous allons aujourd’hui parler de saint Séverin, son église gothique, son orgue, tout cela tout cela. Et si vous préférez la province, il y a sinon la saint Siffrein (évêque de Carpentras), et je vous le dis, parce que je vous aime bien, c’est la grosse fête à Carpentras dans le Vaucluse, aujourd’hui.

Retour à Paris, donc, il n’y a au bureau pas assez de soleil pour parler des cigales provençales, et c’est lundi. Nous sommes au VIème siècle, peu de temps après la mort de Clovis. Le royaume franc était devenu catholique et le martyre était passé de mode pour les canonisations. Ce qui avait la cote, c’était l’humilité, l’ermitage. On fuyait la foule, le luxe, et toutes les mondanités. Plus on était isolé, plus on devait être proche de Dieu, et donc bien.

Le VIème siècle, c’est l’époque où les ermites les plus fameux créèrent des abbayes, quand ce ne furent pas des ordres, comme le fit saint Benoit (mort vers 547). C’est dans ce contexte que Séverin allait devenir un saint distingué à Paris.

On ne sait, à vrai dire pas grand chose de note Séverin, hormis, ses copinages, un comble pour un ermite solitaire !

« Non je ne suis jamais seul, avec ma solitude »

Mais commençons par le commencement. A l’époque, dans son ermitage, Séverin n’avait pas encore le RER à saint Michel-Notre-Dame, ni  le métro à Cluny-Sorbonne. Le cinquième arrondissement était à l’époque constitué uniquement de champs et de marais. C’était très bucolique, on se serait cru dans le parc de Saint-Cloud. C’est dans ce petit bout de « milieu-de-nulle-part » que Séverin passe ses journées à prier. Il a déjà une petite réputation en terres franciliennes, mais en bon ermite, personne n’ose trop le déranger.

La minute Game of Thrones

Jusqu’au jour où Clodoald vînt l’arracher à sa torpeur priante. Clodoald, cela ne vous dit peut-être rien, mais c’est le petit fils de Clovis. Clodoald, ou Cloud, pour les intimes, eut une destinée peu commune. Alors que tout convergeait pour qu’il grimpe sur un trône (la loi salique à l’époque permettait à chaque descendant mâle de ceindre une couronne royale, divisant les royaumes comme l’on divise les héritages de nos jours), Clodoald préférait la boue aux sols de marbres, et la prière aux gouvernements. Il faut dire que les jeux de pouvoir devaient l’avoir marqué durant sa prime jeunesse : ses oncles avaient massacré ses deux frères pour prendre le royaume d’Orléans…

Clodoald devenait donc l’unique héritier du trône d’Orléans, après la mort de ses deux frères, mais ses oncles népoticides (ok, cela n’existe pas comme mot, mais cela sonne bien !) rôdaient toujours. De toute façon, Clodoald, voulant vouer sa vie au Christ, n’en avait cure d’avoir un trône, et voulut le faire savoir. C’est là que notre saint Séverin de Paris entre en scène.

Régime des touffes

Selon la légende, Clodoald alla déranger saint Séverin pour se faire couper les cheveux. Alors, saint Séverin n’était-il en fait qu’un garçon coiffeur pour people, comme il en existe tant aujourd’hui vers la Madeleine ? Que nenni ! Il faut se replacer dans le contexte. Les cheveux, à l’époque franque, étaient un signe de puissance, d’autorité. Plus vous aviez les cheveux longs, plus vous étiez viril, et plus vous étiez un chef !

Pour Clodoald, c’était alors le moyen de bien montrer qu’il ne voulait pas être embêté avec un quelconque commandement, et qu’il voulait simplement rester tranquille à prier. Séverin, heureux qu’un si prestigieux personnage voulût imiter sa vie contemplative, lui fit choir la tignasse en deux temps trois mouvements.

Ensuite, Clodoald devint son disciple, reçut de ses propres mains l’habit religieux… Une belle « bromance » entre ermite était née ! Séverin continua malgré tout à vivre retiré dans son ermitage, tandis que Clodoald alla se retirer dans ce qui allait devenir Saint-Cloud. Une église gothique remplaça la cabane de saint Séverin à Paris, où jouèrent Fauré et Saint-Saëns, le compositeur, cette fois.

Bref, la sainteté, c’est aussi une histoire de tondeuse, parfois !

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : notre Séverin de Paris, au culte assez peu présent au delà du périphérique, ne doit pas être confondu avec l’autre saint Séverin, d’Agaune, qui avait soigné Clovis et qui est plus célèbre. La confusion est d’autant plus grande que dans l’église Saint-Séverin de Paris, les reliques de cet autre Séverin y sont également déposées. Un Séverin peut donc, comme les trains, en cacher un autre !

 

A demain pour de nouvelles aventures !

 

 

 

 

 

 

 

 

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