Un jour, un des Saints #14 – Jacques de la Marche

La pluie, selon Météo France est présente un peu partout en France, sauf, bien sûr, dans le Sud. Alors sans plus hésiter, allons-y, franchissons même la frontière italienne, cela roule bien à cette heure-ci,  et rendons-nous dans la petite ville de Monteprandone, à quelques encablures de la mer Adriatique dans la Marche, posée sur son petit promontoire verdoyant. On dirait Gordes. Même s’il existe des hôtels charmants pour des prix tout à fait corrects, le propos ne sera pas, cela dit, de se dorer la pilule. On vient causer sainteté. Business is business.

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Monteprandone sous le soleil d’Italie ©Creative Commons

Nous avons aujourd’hui l’honneur de vous présenter Giacomo della Marca, ou Jacques de la Marche, si vous préférez. Notre Jacques du jour n’est certes pas le frère de l’apôtre Jean (un peu de patience jusqu’au 25 juillet), mais il est bien tout de même. Prolifique même !

Notre saint de ce jour est né dans les Marches italienne, la région d’Ancone. Celle-là même où saint François d’Assise a eu ses stigmates. Prémonitoire, puisque Jacques entra avec empressement chez les franciscains. Ce sera même un franciscain pur et dur.

D’une robe à l’autre

Né en 1394 de parents pauvres, il fut d’abord un simple berger. Sans avoir eu d’apparitions comme ses consœurs sainte Jeanne d’Arc et sainte Bernadette Soubirous, il se fit remarquer par un de ses oncles prêtre. On arracha le jeune pastouriau à ses brebis pour pour le mettre au milieu des livres à Ascoli, puis à Pérouse, où il se forme au droit civil. Le petit berger allait devenir grand. Il vêtit cependant la robe austère de la justice, et rien ne l’appelait alors à vêtir la robe de bure.

Jacques était devenu juge à Bibiena (1412), en Toscane, avant d’être secrétaire communal de Florence .  Sa route était donc toute tracée dans les arcanes de la magistrature, quand il eût le mal du pays, et sans doute de ses brebis. Florence est très agitée, c’est souvent bouché entre la place de la Seigneurie et la place saint-Jean, et avec les travaux de la cathédrale Santa Maria del Fiore, tout le centre ville est impraticable.

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Dôme dôme deo, oh oh oh ! ©Creative Commons

Il plia bagage en 1415 pour rentrer au bercail. Il lui fallait de la spiritualité, au milieu de tout ce tumulte. Il hésita donc entre les chartreux et les franciscains, mais la proximité géographique du berceau de saint François a laissé des stigmates chez Jacques : il sera frère mineur, donc franciscain. Ce fut saint Bernardin de Sienne en personne qui lui remit l’habit, et Jacques fit sa profession religieuse le 1er août 1416, avant d’être ordonné prêtre six ans plus tard.

Il fut si performant dans sa fonction de pasteur qu’il se fit remarquer du pape Martin V en personne. Il faut dire qu’à l’époque, l’Église n’était plus ce qu’elle était, c’était « la caca, la cata, la catastrophe ! »

Le saint-Père lui confia donc la lourde tâche de prêcher contre les hérétiques dans toute l’Italie, le 11 octobre 1426. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y avait du boulot ! On sort du Grand Schisme d’Occident et des courants contestataires -donc réputés hérétiques par la Papauté- prolifèrent… Ce n’est plus une assemblée de brebis, c’est un panier de crabes !

Il s’acquitte si bien de sa tâche qu’il est nommé légat apostolique pour toute l’Europe centrale. Il en profite pour fonder de nombreuses abbayes franciscaines de l’Observance, gambade à travers champs dans l’Autriche, la Bohême, le Danemark, et même la Norvège. Il est ensuite nommé Inquisiteur pour la Hongrie et l’Autriche, fonde les Monts de Piété, fait construire de nombreux puits, écoles et autres bibliothèques dans toute l’Italie… Bref, une vie bien remplie pour un ascétique !

A tel point que Jacques, devenu une espèce de rock-star spirituelle, faillit y passer de nombreuses fois, entre l’étouffement dû aux mouvements de foules venues l’écouter, les tentatives d’empoisonnements… Mais rien ne l’atteint, Jacques est au dessus de tout cela ! Selon la légende, il alla même jusqu’à avaler un poison sous les yeux ébahis des badauds de Prague, ce qui peut expliquer les représentations de ce saint une coupe de vin à la main.

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Tu veux voir ma coupe ? ©Creative Commons

Le dernier voyage

Jacques, qui était rentré en Italie retrouver son mentor saint Bernardin de Sienne, et son éternel complice saint Jean de Capistran, fut envoyé à Naples en mission diplomatique en 1475. Là bas, il n’était plus question pour lui de vivre dans le couvent de l’Observance : diminué, rongé par la maladie, il lui fallait du repos. Il devint partisan du « pour vivre heureux vivons cachés » et malgré sa mission se retira dans un coin reculé. Il mourut à Naples le 28 novembre 1476 à un âge somme toute canonique pour l’époque : 82 ans. Durant sa longue carrière, il convertit énormément. Oui messieurs-dames, ce ne sont pas 100, pas 400, pas 1.000, mais 200.000 personnes rien qu’en Norvège ! Sainte Cécile est battue…

Il aurait également une soixantaine de miracles au compteur. Qui dit mieux ?

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Si vous souffrez de la goutte, ce que -mon Dieu !- je ne souhaite à personne, vous pouvez invoquer saint Jacques de la Marche dans vos prière, c’est un bon remède, lui-même en ayant souffert en son temps.

 

A demain pour de nouvelles aventures sur la route de la sainteté !

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