Un jour, un des Saints #17 – Éloi

Aujourd’hui, pour une fois, l’introduction de notre ode funky au saint du jour va être courte. On va parler jupons dans notre chronique sens-dessus-dessous. Rien d’autre à ajouter pour cette saint Éloi. Enfin si, mais alors merci de lire la suite de cette introduction culottée et tapageuse !

Après ce bref interlude musical, plus court que la musique d’attente téléphonique d’une CAF (si vous préférez la lecture à la chansonnette, vous avez la version alourdie de Charles Péguy, disponible notamment dans les Œuvres poétiques complètes à La Pléïade), je voudrais vous apporter deux ou trois petites précisions et des excuses, aussi.

Saint Eloi n’a rien à voir avec les sous-vêtements, la célèbre chanson, tellement célèbre que personne ne sait qui l’a composée d’ailleurs, a induit des générations d’enfants dans l’erreur, et l’erreur, c’est mal, ok ? De toute façon, le saint patron des sous-vêtements, c’est saint Fiacre, si si (en tous cas le patron des bonnetiers) !

Passons aux excuses, après les précisions. Le dilemme était cornélien aujourd’hui, pour la chronique du jour : en saints « principaux », on dénombre également sainte Florence et le bienheureux Charles de Foucauld. Cruel dilemme ! Je connais personnellement pas mal de Florence, et c’est l’une des villes préférées de Pierre, notre stagiaire insistant, qui ne va pas être content du coup (mais Pierre, le patron de Florence, c’est saint Jean-Baptiste !). Pour le bienheureux Charles de Foucauld, que j’aime beaucoup, et qui eut une vie rock n’ roll, j’aurais bien aimé vous raconter son épopée, mais j’ai le cœur un peu moins gros sachant que j’en en ai déjà abondamment parlé dans mes Questions Spi sur la sainteté . Bref, on parlera de saint Eloi.

Jeunesse dorée

Eloi de Noyon est né dans le Limousin, de parents agriculteurs aisés, qui possédaient notamment des intérêts dans une mine d’or. Cette donnée prédestina sans doute Éloi dans sa future carrière : il se passionna pour l’orfèvrerie et fit son apprentissage auprès d’un dénommé Abbon, puis de Bobbon (oui, les noms étaient très pittoresques à l’époque). Chez ce dernier, il fut missionné pour faire un trône d’or pour le roi Clotaire II. Consciencieux, Éloi ne fabriqua pas un trône, mais deux, en réutilisant les chutes d’or. Comme quoi, dès cette époque, certains étaient sensibilisés au gaspillage… Clotaire épaté par tant d’honnêteté l’invita à sa cour pour y trouver de nouveaux emplois : contrôleur des mines, maître des monnaies (c’est donc lui qui était chargé de battre la monnaie) et grand argentier du roi.

Et je cours, je me raccroche à la vie

Clotaire II ayant passé la main en ce bas-monde à Dagobert, dont la célébrité n’a d’égal que sa myopie (ce qui peut expliquer la culotte à l’envers et les chutes sur les tapis). Une solide amitié basée sur la confiance se noua entre les deux hommes, et Éloi devint le trésorier royal de Dagobert. Il fut même désigné pour une tournée diplomatique auprès du roi de Bretagne (Judicaël, pas Arthur Pendragon, dommage). A la cour de Dagobert, il se lia également avec un conseiller référendaire et chancelier, le futur saint Ouen, grand ami lui-même de saint Saëns (Un jour, un des Saints number one, souvenirs, souvenirs !).

En parallèle de sa vie de cour, le grand saint Eloi avait une vie spirituelle intense. Son rêve eut été de se consacrer au Christ, tout plaquer. Mais son amitié royale empêchait son abandon de poste. Il avait tout de même fondé l’abbaye de Solignac, puis le premier monastère dédié aux femmes, dans sa propre garçonnière, à Paris. La mort du bon roi Dagobert (en 638 ou 639) changea tout et fit pousser des ailes à saint Eloi. Il piocha la bonne carte chance, se fit directement nommer évêque, comme son compère et futur hagiographe saint Ouen. Il prit son poste à Noyon. Noyon, cela ne vous dit peut-être rien, mais c’était l’un des plus gros évêché du nord de la France, qui englobait celui de Tournai. Sa vaste tâche était alors de convertir une population qui était encore plus encline à suivre un druide qu’un prêtre. Il mourut en 660, alors que la reine déchue sainte Bathilde, sa disciple et veuve de Clotaire II, courrait le secourir. Comme quoi, si saint Eloi n’était pas celui de la chanson, c’était tout de même l’ami de famille !

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Si saint Eloi est évidemment le saint patron des orfèvres et plus généralement ceux qui manient les métaux, c’est également le patron des… loueurs de voitures ! Alors si vous louez une voiture avec des frais kilométriques flous, n’implorez pas saint Christophe, mais saint Eloi !

 

A demain pour de nouvelles aventures, même en week-end !

 

2 commentaires sur “Un jour, un des Saints #17 – Éloi

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