Un jour, un des Saints #19 – François-Xavier

Là encore, cet article est fait pour répondre aux sollicitations appuyées d’un ami. Parfois, j’ai l’impression d’être le Difool moderne de l’hagiographie. On n’a pas toujours des vies faciles ! Cela dit, mon ami Xavier est tout pardonné, d’abord parce que c’est un ami, et ensuite parce saint François-Xavier a une vie pleine de péripéties, et cela, ça me plaît ! Enfin, comme le curé d’Ars, c’est l’une des rares personnes dont le nom est devenu un prénom.

Retournons en Espagne, si vous le voulez bien, pour la vie de notre saint. Cette fois-ci, ce n’est pas l’Espagne de sainte Flora, cela commence en Navarre. C’est un peu plus humide et pluvieux, mais c’est sympathique tout de même. Et puis mon ami Xavier venant du Bourbonnais, cela ne lui fera pas un trop grand choc (je sens que je vais me faire incendier par la communauté de l’Allier. Désolée, c’était une blague).

Nous sommes précisément le 7 avril 1506, dans la sierra de Leyre, au château de Javier (à prononcer avec la jota pour les puristes, sinon vous pouvez toujours dire Xavier). Madame Juan de Jasso, née María de Azpilicueta, venait de mettre au monde un beau bébé nommé Francisco de Jasso y Azpilicueta.

L’enfance de notre François est assez classique, c’est pourquoi nous n’en piperons mot, nom d’une pipe ! La Navarre était en proie à l’invasion castillane, mais François n’en a cure de cette curée territoriale, il veut être curé. Il part donc étudier sur les bancs de la Sorbonne, à Paris, et loge au collège sainte-Barbe, aujourd’hui fermé.

C’est un beau roman d’amitié

Dans sa chambre partagée -ah ! la joie de l’internat- il fit la rencontre d’un certain Ignace de Loyola, quadragénaire, trop vieux pour être normal. François Xavier, qui, s’il est un saint, n’est pas un lapin de trois semaines, se méfie d’abord de cet Ignace. Mais très vite, cette rencontre sera synonyme de coup de foudre spirituel entre les deux basques d’origine. De cette bromance, dont le paroxysme est atteint lorsqu’ils prononcent leurs vœux ensemble le 15 août 1534 à Montmartre, nait une compagnie un peu spéciale, mais tout de même célèbre. Ce n’est pas la 7e compagnie, ce n’est pas la Compagnie Béjart, mais la Compagnie de Jésus. Si le jésuitisme est ainsi né de l’esprit de saint Ignace de Loyola, les jésuites et leur ordre sont le fruit de la rencontre de nos deux compères.

In the Navy

Ordonnés prêtres à Venise en 1537, ils snobaient un peu la Sérénissime qui présentait plus de débauche que de potentiel spirituel. Il firent donc l’aller-retour au Vatican pour demander des vraies missions, voire des Opex, parce que faire le planton de service, très peu pour ces deux soldats de la foi ! Cela tombe plutôt bien, parce que le pape cherche des casse-cou voulant aller évangéliser l’Inde. François Xavier saisit la balle au bond « Eh bien me voici ». Un coup de tampon sur son passeport et le voilà embarqué pour un voyage encore plus lointain et palpitant que celui de Marco Polo.

Parti pour Goa en 1541, il y arrive près d’un an plus tard, le 6 mai 1542. L’A380 n’était pas encore inventé… A Goa, Ceylan et dans toute la région, François Xavier enchaine les conversions et les miracles à un rythme effréné ! Il créa même à Goa l’école Saint-Paul, première école jésuitique au monde.

Bien en jambe, François Xavier, le Rafael Nadal de la foi, décide d’enchainer les tournois d’évangélisation, et faire le grand chelem asiatique. Il s’embarque pour les Moluques en Indonésie, Malacca… A ce dernier endroit, il y rencontre des japonais, qui le fascinent. Le Japon, son Soleil Levant… C’est ce qui s’appelle de l’exotisme ! Il recoiffe son bonnet de marin et accoste au large du Japon, où, comme à son habitude, il enchaîne les conversions. Jeu set et match. Mais rien n’est jamais trop grand pour notre navarrais du jour.

Wild wild East

De l’autre côté de la mer, il y a un morceau encore plus gros qui le met en appétit : l’Empire du Milieu. La Chine devait courber l’échine devant Dieu. Les malles refaites, François Xavier, qui devait avoir accumulé autant de Miles  sur sa carte de fidélité transport que de conversions à son actif, reprit une fois n’est pas coutume son bateau, en 1551.

Il dut faire escale sur l’île de Sancian en mai 1552, en attendant sa correspondance pour la Chine. Techniquement, cela dit, il faisait du stop, et il s’était fait virer de son bateau par des portugais. Il put attendre longtemps ladite correspondance, personne ne vint, tant et si bien qu’il périt, malade et épuisé, le 3 décembre de la même année.

Voilà Xavier, j’espère que tu es rassasié sur ta faim d’apprendre la vie de ton saint. Mais ne me remercie pas, si je vous ai présenté la vie de François Xavier, c’était uniquement Ad maiorem Dei gloriam !

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Si saint François-Xavier est le saint patron des Missions, c’est également le patron du tourisme. Quand je vous disais qu’il avait beaucoup de Miles…

 

A demain pour de nouvelles aventures !

 

 

 

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