Un jour, un des Saints #46 – Basile et Grégoire

Sans augmentation du prix des consommations, ce n’est non pas un, mais deux saints à mémoire obligatoire (youhou) que nous fêtons aujourd’hui. A croire qu’il fallait rattraper le 1er de l’an ! Deux évêques et deux docteurs de l’Église pour le prix d’un. Voire, un beau roman d’amitié, une amitié qui s’élance comme l’envol d’un oiseau.

Nous sommes en Cappadoce, au IVème siècle. Le christianisme est une religion déjà bien installée, le Concile de Nicée a déjà imprégné les mentalités lorsque naquirent Basile et Grégoire. Nos deux saints compères ont tous deux grandi dans un terreau fertile à la sainteté : Basile était d’une fratrie de dix, dont presque tous les frères et sœurs devinrent saints. Quant à Grégoire, il était fils d’évêque. Oui, à l’époque, c’était possible. Il était également le frère du très aimé Césaire, médecin des empereurs, et de Gorgonie, tous deux également saints.

Grégoire et Basile se sont rencontrés sur les bancs de la fac, à Athènes. Grégoire, déjà étudiant à Athènes, connaissait par cœur cette université, et les mœurs estudiantines qui valaient bien celles d’aujourd’hui. C’est ainsi que Grégoire prit le jeune Basile sous son aile, et lui évita un bizutage trop important. La fraternité, à la faculté, il n’y a que cela de vrai ! Et puis ils partagent tant de choses en commun ! Ce sont vraiment deux jumeaux qui viennent de se rencontrer. Au terme de leurs études, les deux « bros » voulaient entrer dans les ordres et mener une vie simple de prière, dans un endroit reculé. Mais les autorités religieuses les rappelèrent à l’ordre. On avait besoin de jeunes dynamiques et qui rêvent de toucher le Ciel, pour devenir évêque, « donc si t’as les critères, laisse-moi ton email ! »

Que la mitre aille comme un gant

Basile et Grégoire furent tous deux nommés évêques. Grégoire occupa le siège épiscopal de Sasime, puis Nazianze, avant d’être nommé à Constantinople par l’empereur Théodose Ier. Basile quant à lui sera évêque de Césarée, sa ville natale, en 370. Mais pour s’établir, il a voulu faire marcher son vieil ami Grégoire qui ne l’entendait pas de cette oreille. Ce roman amitueux devint brouillé…

Chacun d’eux à leur manières firent de grandes choses. Basile, un peu grande gueule, défendit ardemment la sainte Trinité, alors encore un concept polémique, et créa une règle monastique encore présente aujourd’hui : la règle de saint Basile.

Plus réservé et littéraire (ce qui lui vaudra le surnom de Théologien), Grégoire fit de nombreux discours théologiques, des poèmes, et plus d’oraisons funèbres que Bossuet et Jean-Claude Brialy réunis. C’est dire !

Cela eût pu être prononcé par saint Grégoire

Entre ici Esprit-Saint

Quoiqu’il en soit, malgré la brouille passagère et des styles différents, Basile et Grégoire se battaient pour la même cause : la théologie de l’Esprit Saint et l’affirmation de la Trinité, luttant ainsi contre l’arianisme, comme saint Ambroise en Occident. Basile mourut le 1er janvier 379, tandis que Grégoire quitta la vie terrestre le 25 janvier 390, revenu de toutes ses illusions, notamment après le premier concile de Constantinople, à propos duquel il écrivit :

Cet immense ramassis de trafiquants du Christ, c’est quand quelqu’un aura su allier au bourbier la bonne senteur d’un parfum immaculé que je le laisserai approcher… Les séances dépendaient de qui elles pouvaient, elles dépendaient de tout le monde, autant vaut dire de personne, car l’autorité du nombre, c’est l’anarchie.

Les deux compères devinrent des Docteurs de l’Eglise le 20 septembre 1568. Il faut dire aussi que le culte dédié à nos deux saints était tellement ancré dans les mentalités que l’Église a pris la peine assez tardivement de rendre un hommage officiel à saint Basile et saint Grégoire.

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : Grégoire, élu évêque de Sasime par l’entremise de son ami Basile, a été contesté tant et si bien qu’il n’a jamais pu monter sur le trône épiscopal, en raison de l’arianisme de l’évêque métropolite (sorte d’évêque en chef de toute une province) de Tyane. Grégoire devint donc de fait le premier évêque auxiliaire de l’histoire.

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