Un jour, un des Saints #55 – Tatiana

Nous restons en Italie aujourd’hui, pour Tatiana. Je sais, le prénom fait quelque peu slave, mais si c’est slave, ce n’est toi. Pardon, elle est plus éculée qu’immaculée celle-là…

Nous retournons quelques temps auparavant, sous l’Empire Romain, au IIIème siècle. Sévère Alexandre était alors empereur. Son nom de scène complet était Imperator Cæsar Marcus Aurelius Severus Alexander Pius Felix Augustus, Pontifex Maximus, Tribuniciæ Potestatis XIV, Imperator XIV, Consul III, Pater Patriæ. Il était assez difficile de le faire tenir sur une carte de visite. C’est assez à l’image de son règne, cela dit, puisque Sévère Alexandre se fera assassiné au bout de seulement 13 ans au pouvoir, sans même qu’on ait pu en faire une tragédie à la Tu quoque mi fili… Petit règne, donc, sans éclat, et toujours dans les jupons de sa mère. Mais revenons-en à ce qui nous intéresse aujourd’hui : sainte Tatiana.

Double malentendu

Tatiana est une double exception. D’abord parce qu’elle a été martyre, alors que les liens entre l’Empire et les chrétiens étaient devenus plus cordiaux depuis que Sévère Alexandre s’eût exclamé « bouarf », lorsqu’on lui demandait s’il fallait continuer ou non de débiter du chrétien en tranches. Ensuite, parce qu’elle était la fille d’un consul romain, et que l’on ne touchait pas trop à ce genre de personne à l’époque… Double manque de chance, donc, pour notre Tatiana, qui se fit dénoncer en 226. Petite pause d’historien, en passant. Certains attribuent la condamnation de sainte Tatiana au juriste Ulpien, le papa putatif de dura lex sed lex, mais cela parait tout de même assez compliqué, Ulpien étant déjà mort trois ans avant notre sainte du jour.

Plat de résistance interdit aux moins de 18 ans

Bon, si vous avez des enfants près de vous, faites les partir (mais restez, vous, siouplait !), je suis bien obligée de vous raconter un peu le programme des réjouissances infligées à notre sainte martyre. On lui octroya d’abord une dernière chance de se racheter. Elle devait abjurer sa religion et reconnaitre les divinités romaines. C’est un non catégorique qu’opposa sainte Tatiana à ses juges, allant jusqu’à briser les statues de divinités… C’était cuit pour elle !

Les militaires présents, fort peu renommés pour leur amour de la dentelle, lui raclèrent les joues à coups de crochets de fer, la hissèrent à une potence et labourèrent (drôle de coutume !) son corps au moyen rustique, mais efficace, de peignes du même métal… Mais Tatiana était solide comme le roc, tout cela ne sont que des chatouilles pour elle, et elle s’en remit vite. On décida donc de dégourdir les fauves, et on jeta la sainte dans une arène infestée de bêtes assez peu domestiquées… Mais comme sainte Blandine, les lions n’en voulurent pas. On appela ensuite la mémoire de Néron à la rescousse, et on la brûla. Néanmoins, elle s’avéra être totalement ignifuge (sainte Jeanne d’Arc aurait dû l’invoquer !). Les bourreaux commençaient largement à perdre patience avec cette dure à cuire.  On retourna donc aux bonnes vieilles méthodes, comme pour sainte Blandine : un coup de guillotine de l’époque, et Tatiana, la foi toujours chevillée au corps, eût finalement son passeport pour le Paradis.

 

A demain pour de nouvelles aventures, et n’oubliez pas de vous abonner au blog et de nous suivre sur Facebook pour ne pas en perdre une miette !

 

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