Un jour, un des Saints #56 – Yvette

En ce 13 janvier, nous fêtons toute une ribambelle de personnes dans notre bal musette de la sainteté. Mais mon calendrier des P.T.T. indique tout de même seulement Yvette, fêtée surtout en Belgique. Alors, amis d’Outre-Quiévrain, êtes-vous dans la place ? Ouiiiiiiii ! Accordéons-nous sur cette sainte, et faisons une chronique en l’ho(r)nneur d’Yvette !

Nous serons brefs aujourd’hui, juste le temps d’une valse, avec un petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles.

L’enfance d’un chef

Yvette est donc belge, comme saint Hubert, de Huy, près de Liège, au bord de la Meuse. Elle naquit un jour vers 1158. Son père était administrateur des biens de l’évêché liégeois. Comme la bienheureuse Alix, c’est encore une fois une sainte issue de la bonne société que nous avons à traiter aujourd’hui. La petite particularité ici est que notre sainte a deux prénoms, et nous donne donc l’embarras du choix : Yvette, ou Jutte. De quoi faire sauter le bouchon, à Liège (rien ne vous sera épargné aujourd’hui…) ! Sur les chemins de la sainteté, elle a tôt fait de tisser sa toile, Jutte. Elle voulait se dévouer à Dieu très vite, et rester vierge. Mais son père n’entendait pas laisser faire sa fille. Il la maria à seulement 13 ans, mais comme pour le Cid, la valeur n’attend pas le nombre des années. Dam ! Les projets d’Yvette étaient donc compromis. Un triste coup du sort allait tout de même permettre à Yvette de se remettre en route pour ses projets initiaux. Jutte était veuve après seulement 5 ans de mariage, le temps de faire deux beaux enfants (un troisième fut malheureusement mort-né). Qu’allait-elle donc devenir, elle qui venait d’avoir 18 ans, qui était belle comme un enfant ? Allait-on la remarier ? C’était le souhait de son père, or Yvette n’était plus une petite fille, c’était devenue une femme, et une femme est une femme, comme dirait Godard.

Suspendue à ses lèpres

Son père la traîna devant le prince-évêque de Liège, en se disant que comme c’est un ami, Monseigneur donnera raison au papa, et forcera ainsi Yvette à se remarier. Cela faillit fonctionner. Devant toute l’assemblée épiscopale, Yvette n’osa piper mot. Mais Monseigneur de Zähringen, prince-évêque de Liège, n’était pas un lapin de trois semaine qui arriverait à se faire tirer un jour de saint-Hubert !

Il invita Jutte à venir à l’écart de la foule, pour mener à bien un entretien plus privé. Ragaillardie, elle se confia longuement à l’évêque, qui, touché, se rangea du côté d’Yvette. Et si ce que femme veut, Dieu veut, ce qu’évêque veut, Dieu veut aussi. Le papa, donc, céda. Elle était libre, Yvette, y en a même qui disent qu’ils l’ont vu prier. Elle commencea à se consacrer aux autres, à répandre sa générosité partout et en tout lieu. Sa maison était une véritable auberge espagnole. Mais cette vie de maitresse de maison n’était pas du goût d’Yvette, elle préférait dîner en tête à tête avec le Christ. Dure lutte se dit Jutte ! Elle se coupa du monde, et s’installa dans une vieille léproserie délabrée de Statte, un quartier de Huy, constatant que là au moins, il y avait la vraie misère, et cela pouvait la rapprocher du Christ. Elle y alla la fleur au fusil, sans précaution. Si elle attrapait la peste, elle s’en fichait, cela lui faisait un aller-simple pour le Paradis.

Mais sa vie, certes recluse, en mode yaaaala, créa au final un petit fan club autours d’elle, tant et si bien que son isolement était un peu tombé à l’eau. Elle décida donc de vivre recluse dans sa cellule.  Ce qui ne l’empêchera pas de coiffer son chapeau de Madame Irma, en lisant dans les consciences comme dans un livre ouvert. Elle fit également construire une nouvelle léproserie à côté de l’ancienne. Elle mourra le 13 janvier 1229, à 70 ans, longévité rare à l’époque. Comme quoi, parfois, être continuellement au contact de la maladie peut conserver !

L’instant #JimpressionneDansLesDîners : La bienheureuse Yvette a un parcours familial assez similaire à sainte Odile, son père se repentira ensuite, et deviendra même moine cistercien après son veuvage.

A demain 10h pour la messe de saint Hubert aux Invalides, et demain, nous fêtons à nouveau les Nina !

 

 

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